Guide créateurs et commerces
Créateur UGC : ce que c’est, combien ça paie, et ce que dit le droit
Un créateur UGC filme des vidéos pour une marque ou un commerce, qui les publie sur ses propres comptes ou dans ses publicités. À la différence d’un influenceur, il ne vend pas son audience : il vend une vidéo, et le droit de l’utiliser. C’est un vrai métier, ouvert sans gros compte, qui demande un accord écrit clair : ce qui est cédé, pour quels usages, où, et pendant combien de temps.
En une phrase
Un créateur UGC filme des vidéos pour une marque ou un commerce, qui les publie sur ses propres comptes ou dans ses publicités : il vend la vidéo et le droit de l’utiliser, pas son audience.
UGC : d’où vient le mot
UGC veut dire « user generated content » : du contenu créé par les utilisateurs. Au départ, ce sont les photos et les avis que des clients publient d’eux-mêmes. Aujourd’hui, le mot désigne surtout des vidéos commandées à des créateurs et tournées dans un style naturel, comme le ferait un client : un déballage, un essai, une visite, un « je vous montre ».
Le créateur UGC est payé pour fabriquer la vidéo. La marque ou le commerce la publie ensuite chez lui : sur son compte, sur son site, dans ses publicités. Son nombre d’abonnés compte peu, puisque ce n’est pas son audience qui est achetée.
UGC ou influence : la différence
| Créateur UGC | Influenceur | |
|---|---|---|
| Qui publie | Le commerce ou la marque, sur ses comptes | Le créateur, sur son compte |
| Ce qui est payé | La vidéo, et le droit de l’utiliser | La visibilité auprès de son audience |
| Ses abonnés | Peu importants | Le cœur de l’offre, surtout là où ils vivent |
| La mention « Collaboration commerciale » | Seulement s’il publie aussi la vidéo chez lui | Sur chaque contenu promotionnel |
| Ce qu’il faut écrire | La cession des droits sur la vidéo | Le contrat de collab, obligatoire dès 1 000 € HT dans l’année avec le même annonceur |
Beaucoup de créateurs font les deux. Une même collab peut aussi mélanger les deux : une vidéo publiée chez le créateur, que le commerce republie ensuite sur son compte. Dans ce cas, chaque usage s’écrit.
Ce que dit la loi
La loi influenceurs. La loi du 9 juin 2023 vise la personne qui, contre une contrepartie, « mobilise sa notoriété auprès de son audience » pour faire une promotion en ligne : c’est la définition que reprend le guide du ministère de l’Économie. Un créateur UGC dont la vidéo n’est publiée que par la marque ne s’adresse pas à son audience. En principe, il n’entre donc pas dans cette définition. Dès qu’il publie aussi la vidéo sur son compte, il fait de l’influence commerciale, avec la mention « Publicité » ou « Collaboration commerciale ».
La marque qui publie. Une vidéo UGC publiée par un commerce est sa publicité. Il ne doit pas la faire passer pour l’avis spontané d’un client. La DGCCRF range parmi les pratiques commerciales trompeuses le fait de « diffuser ou faire diffuser par une autre personne morale ou physique des faux avis ou de fausses recommandations ». La sanction peut aller jusqu’à deux ans de prison et 300 000 € d’amende, et jusqu’à cinq ans et 750 000 € quand l’infraction est commise en ligne.
Les droits sur la vidéo. La vidéo est une œuvre : son auteur en a les droits dès sa création, sans aucune formalité. Pour que la marque puisse l’utiliser, le créateur lui cède ses droits par écrit. Le Code de la propriété intellectuelle (article L. 131-3) exige que chaque droit cédé soit mentionné, avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Service-public le précise : un « etc. » ne suffit pas. Le droit moral, lui, ne se cède pas. Le créateur reste l’auteur, et sa vidéo ne peut pas être dénaturée.
Ton image. Si tu apparais dans la vidéo, la marque a aussi besoin de ton accord écrit pour utiliser ton image, en précisant le support, l’objectif et la durée. Il en va de même pour chaque personne reconnaissable à l’image : un client, un serveur, un ami.
Combien ça paie
Il n’existe ni prix officiel, ni étude française sur le prix d’une vidéo UGC. La seule étude française récente fondée sur des montants réellement payés, celle de l’agence Matriochka (septembre 2026), exclut justement l’UGC. Le repère le plus large vient d’une enquête mondiale d’Influencer Marketing Hub auprès de marques : pour les créateurs UGC, environ 80 % des réponses se situent sous 500 dollars par contenu.
Ce qui fait le prix :
- le travail : le nombre de vidéos, leur durée, le tournage, le montage, les sous-titres, les retouches demandées ;
- les droits : sur les comptes du commerce seulement, ou aussi en publicité payante, pendant combien de mois, sur quel territoire ;
- l’exclusivité : ne pas travailler pour un concurrent pendant une période, ça se paie ;
- les frais : déplacement, produit à acheter, accessoires.
Les droits d’utilisation se facturent souvent à part. Influence4You, une plateforme d’influence, les chiffre à 10 à 40 % de plus selon l’usage. Pose ton offre en deux lignes : le travail d’un côté, les droits de l’autre.
Création : 3 vidéos verticales de 20 à 30 secondes, tournées sur place, montées et sous-titrées, 2 séries de retouches comprises. Droits : publication sur les comptes et le site du commerce pendant 12 mois, en France. Option : utilisation en publicité payante pendant 3 mois, avec un supplément. Livraison : 7 jours après le tournage, avec une version sans musique pour TikTok.
Le contrat UGC : les clauses à écrire
Même pour une petite vidéo, écris l’accord. C’est ta protection, et celle du commerce. Il doit dire :
- Les livrables : combien de vidéos, quelle durée, quel format, brutes ou montées, et le nombre de retouches.
- Le calendrier : les dates du tournage, de la livraison et des retouches.
- Les droits cédés : reproduire la vidéo, la diffuser, l’adapter (couper, sous-titrer, recadrer).
- Les usages : les comptes du commerce, son site, la publicité payante, un écran en boutique.
- Le territoire et la durée : la France, l’Europe ou le monde ; 3, 6 ou 12 mois.
- Ton image : ton accord pour apparaître, pour les mêmes usages et la même durée.
- La rémunération : le montant hors taxes, la date de paiement, et ce qui est offert, avec sa valeur.
- L’exclusivité, s’il y en a une, et ce que devient la vidéo à la fin : retirée, ou laissée en ligne.
Notre générateur de contrat de collab écrit ces clauses avec toi, durée des droits comprise. Pour la facture, suis notre guide facturer une collab.
Pour un commerce : acheter des vidéos UGC
L’UGC sert à avoir de bonnes vidéos pour ton propre compte, sans dépendre de l’audience d’un créateur. C’est utile si tu publies peu, ou si tu veux faire de la publicité sur les réseaux. Trois réflexes :
- Publie la vidéo comme ta publicité, jamais comme le témoignage spontané d’une cliente.
- Demande une version sans musique. Sur TikTok, une entreprise doit utiliser la Bibliothèque de musique commerciale pour tout son contenu, même sans publicité payante.
- Vérifie les accords : la cession des droits, et l’accord de chaque personne reconnaissable à l’image.
Si tu veux surtout que des gens du quartier voient la vidéo, c’est une collab d’influence qu’il te faut : lis inviter un influenceur dans son restaurant. Pour réutiliser une vidéo déjà publiée par un créateur, lis reposter la vidéo d’un créateur.
Devenir créateur UGC
- Fais un portfolio. Trois à cinq vidéos tournées avec des produits que tu as achetés, ou dans des lieux que tu aimes, présentées comme des exemples.
- Choisis tes formats : déballage, essai, visite, tutoriel, voix off. Fais-en un ou deux très bien.
- Écris ton offre en deux lignes, le travail et les droits, comme dans l’exemple ci-dessus.
- Démarche les commerces près de chez toi : beaucoup ont peu de vidéos. Notre guide avoir des collaborations rémunérées donne des messages à copier.
- Déclare-toi. Tes revenus sont imposables dès le premier euro, en argent comme en nature.
Pour l’impôt, le ministère de l’Économie range en BIC la création de contenu qui fait la promotion de biens ou de services contre une contrepartie, et en BNC la création de contenu sans promotion (rédacteur web, community manager). Une vidéo UGC fait la promotion d’un produit : le BIC est donc le cas le plus probable. Chaque situation reste particulière, alors fais confirmer ton choix par un expert-comptable. Le détail est dans notre guide influenceur auto-entrepreneur.
Ce que Lokyn fera pour toi
Lokyn est une plateforme française qui met en relation les commerces de proximité et les micro-influenceurs du même quartier : collabs en cadeau ou rémunérées, contrat écrit généré automatiquement, clients comptés en caisse.
Chaque collab dira ce qui est publié, où et par qui, et le contrat écrit le reprendra. Les contrats et les factures seront préparés par Lokyn. Lokyn ouvre ville par ville : inscris-toi comme créateur, ou réserve ta place de commerce.
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- GuideFacture influenceur : modèle et mentions obligatoiresLes mentions obligatoires, la formule de TVA en franchise depuis septembre 2026, un modèle à copier, les délais de paiement et la facture électronique.
- GuideNano, micro, macro-influenceur : combien d’abonnés ?Les paliers d’abonnés selon les sources, ce que dit la loi, combien ils sont en France, l’engagement par palier et le cas des créateurs UGC.
Sources
- Ministère de l’Économie, Guide de bonne conduite, Influence commerciale : l’essentiel de vos droits et devoirs (PDF), édition de juin 2026
- Ministère de l’Économie, « Ai-je une activité d’influence commerciale et quelles sont les démarches à suivre ? » (BIC ou BNC), consulté le 5 octobre 2026
- DGCCRF, « Pratiques commerciales trompeuses : les clés pour les reconnaître et s’en prémunir », écrit le 12 mai 2025
- Service-public.fr, « Contrat de cession de droits d’auteur », vérifié le 3 mai 2024
- Code de la propriété intellectuelle, article L. 131-3 (cession des droits par écrit), Légifrance, consulté le 25 septembre 2026
- Service-public.fr, « Droit à l’image et respect de la vie privée », vérifié le 6 mai 2022
- Influencer Marketing Hub, Influencer Marketing Benchmark Report 2026 (prix déclarés par des marques, enquête mondiale), mis à jour le 4 mai 2026
- Matriochka Influences, « Étude prix de l’influence 2026 » (montants payés, UGC exclu), 7 septembre 2026
- Influence4You, « Should you pay influencers? » (droits d’utilisation facturés en plus), mis à jour le 3 février 2026
- TikTok, « À propos de la Bibliothèque de musique commerciale », dernière mise à jour en juillet 2025
Ce guide explique les règles en vigueur à sa date de mise à jour. Il ne remplace pas le conseil d’un avocat ou d’un expert-comptable.
Comment ce guide est fait. L’équipe Lokyn l’a préparé avec l’aide d’outils d’IA, et chaque règle renvoie à sa source, ci-dessus. Il est mis à jour quand une règle change, et sa date avec lui. Une erreur, une question ? Écris-nous : bonjour@lokyn.fr. Notre charte éditoriale.






